LA MARQUE SISE ICI

Sise ici met tout ce qu’elle est dans ses robes. Une création Sise ici, c’est à la fois une toile, un mélange de tissus, de cultures, et un bout de son chemin personnel. Rappeuse et couturière, résolument engagée après être passée par l’industrie de la mode dans ce qu’elle a de plus froide, Irène, a choisi de créer plutôt que de produire. Ses pièces sont la plupart du temps uniques, féminines, colorées, riches, et uniques. Elle espère entraîner dans son sillon à la fois d’autres artistes. Mais aussi, et surtout, séduire toutes celles et ceux qui ont envie de se faire les représentants d’une mode originale et éthique. Du hip hop à l’art de la couture, de la vie de maman à celle de créatrice, de Vierzon à Marseille en passant par Paris, la créatrice se dévoile.
 

Sise ici, qui es tu ? Observatrice, fédératrice, j’aime être à l’écoute, offrir et faire des liens entre les personnes. Je suis quelqu’un qui ne se laisse pas décourager, qui veut vivre passionnée.
Une femme, qui ne veut pas se perdre.

« On est tous exploités et exploitants. Autant essayer de l’être de la manière la plus juste possible. »

Ce style, tu y es arrivée comment ? Il y a 6 ans, je créais à partir de chutes que je chinais. Ce que je faisais pour ma fille à l’époque ne ressemblait pas à ce que je fais aujourd’hui.
Puis, quand elle avait 2ans je lui ai fait un jogging sur lequel j’avais écrit « Hack that past world ». Nom de ma première Collection. Le hacking, ça veut dire pirater, mais aussi décrypter, apprendre à connaître un système pour réussir à l’influencer.
En gros je lui disais « Prends possession de ce monde !».
C’est ce que mon cœur de maman, passionnée d’histoire, souhaite pour ma fille, pour moi, mais aussi pour les gens qui souhaite créer un monde plus adapté en terme de développement.
Décrypter le passé c’est faire des pas en avant sur ses choix future.
Devenir maman m’a fait très peur.
Les humains sont une sorte de bétail. Alors on lutte bien sûre, mais si on comprends mieux ce monde, on fait des choix en fonction.
On a toujours le choix. On est tous exploités et exploitants, Autant essayer de l’être de la manière la plus juste possible.

« Je me suis demandée, qui j’étais? »

Sise ici, qu’est-ce que ça signifie ? Sise ici, ou assise là ! je dirais même Implantée là. C’est mon nom d’artiste. Je l’ai choisi à une période où tout autour de moi devenait très compliqué.
Je me suis assise devant mon ordinateur et me suis demandée qui j’étais? de quoi je pouvais être sûre?
Et la seule chose que j’ai trouvé, c’est que j’étais « Assise Ici » ou « Sise Ici ». Quelques jours plus tard j’ai trouvé mon logo. Il représente une femme assise sur un sablier. Car à bien y réfléchir finalement il y avait d’autres choses dont j’étais sûre : ma mémoire, les choses que le temps m’avait appris et ma patience!
Pour la coïncidence un peu ésotérique quelques années plus tard, j’ai appris que Irène, mon prénom, était celui d’une des trois prêtresses des heures dans la Grèce Antique

La couture, ça vient à quel moment de ton parcours ?
J’ai grandi avec trois frères, chez nous les grandes passions étaient les légos, construire, ou faire des réserves, et élaborer des stratégies pour attaquer des voisins au lance pierre.
Mon refuge un peu plus féminin était les perles de rocailles…

De bracelets en bracelets, un jour j’ai fini par trouver un mode de tissage égyptien et transformer un collier en bustier. A partir de ce moment là, j’ai commencé à dessiner des vêtements.

« Quand on a un métier dans les mains, on est jamais pauvre. »

Quand j’ai parlé de faire de la couture, ça n’a pas du tout plu à mon père. Lui pourtant artiste aussi, musicien et auteur à ses heures n’avait pas pensé à ça pour moi … je pense que ça lui faisait peur! Ma mère elle, m’a toujours encouragé dans cette voie.

Et ensuite, tu as commencé à te former … Oui, j’ai fait un BEP matériaux souples et industrie connexes. Ce qui veut dire : tu couds et tu te tais! Tu n’apprends pas à créer, tu exécutes!
Mais même à ce moment là, je créais des vêtements de mon côté,pour mes copines, que je n’arrivais pas à finir naturellement, parce que j’oubliais toujours un détail ou un volume.
Suite à ça, j’ai fait un bac pro artisanat et métiers d’art, option vêtement et accessoires de mode à Nice. Avec de très bonnes profs, de vrai professionnelles qui connaissaient très bien le métier et avaient choisi d’enseigner après des années passé en entreprise.

« On fabriquait des vêtements… pour lesquels nous avions réfléchi au processus de fabrication. »

De vraie professionnelles, j’insiste sur ce point car aujourd’hui c’est de plus en plus rare en lycée professionnel. On fabriquait des vêtements qu’on avait nous même créés, dessinés, et pour lesquels nous avions réfléchi au processus de fabrication.
J’ai eu l’occasion d’avoir des stagiaires l’année dernière, elles me disaient avoir choisie cette voie avec passion mais vouloir changer de branche, elles avaient travaillé des patrons uniquement sur ordinateur, il leurs manquait l’essentiel des bases pour partir d’un simple papier ou tissu.
Lorsque j’ai reçu leur professeur elle m’a dit que le bac que j’avais fait n’existait plus. qu’il fallait faire un BTS.
Je trouve ça vraiment dommage, nous ne sommes pas tous fait pour l’école que voudrait nous faire gober l’éducation nationale. Je suis fille de deux instits je sais de quoi je parle.

L’école ne m’a jamais parlé avant que j’y apprenne à me servir de mes mains. J’ai eu la chance qu’on m’enseigne une méthode artisanale que j’aime enseigner à mon tour, car j’estime que quand on a un métier dans les mains, on est jamais pauvre.

« Porter un dos-nu, c’est de la provocation timide ! »

Chaque créateur de mode a son modèle féminin, ou en tout cas c’est ce qu’on dit… A quoi ressemble « la femme Sise ici » ? La femme Sise ici est sexy, tout en étant pudiques. Je mets beaucoup en valeur le dos et les épaules. Comme ça, on ne le voit pas trop le corps quand on nous regarde en face.
Personnellement je suis timide… Ne pas avoir l’impression d’être regardée pour son décolleté, laisser à l’autre le droit de regarder sans être vu, accepter d’être regardée sans le savoir… Porter un dos-nu, c’est de la provocation timide !

Tes vêtements, en eux même, ce sont des œuvres ?
Peut-être, je fais des pièces uniques, principalement, souvent peintes.
Je pose toujours mon logo à la peinture dessus. Mes créations sont pour des personnes qui ont envie de diffuser quelque chose de lumineux.
Il y a souvent du blanc d’ailleurs dans mes peintures. Sur la robe que je fais en ce moment pour ma fille, elle a peint la jupe, j’ai peint le haut, en m’accordant aux couleurs qu’elle avait choisi. Ça me plaît de ne pas être seule sur mes robes.
Dernièrement, j’ai donné quelques pièces pour une collaboration à Manyoly. Super Artiste, une personne qui n’est pas forcément issue de la culture urbaine et du « Street-Art » mais qui a su se dire: « J’y vais quand même, il n’y a pas de limite. »
J’ai hate de voir ce que ça va donner!!!
L’année dernière, presque à l’opposé on a fait des sacs, avec Zouby, et j’ai adoré. C’est une fille hors du système, une arracheuse comme on dit dans le monde du graffiti, elle s’en fout que ce qu’elle fait paraisse beau au grand publique ou pas et c’est ce qui me plait!
Une autre amie, beatboxeuse, trés forte, Tressym, allez voir Ça! Elle a fait quelques pochoirs aussi, Tout ça me plaît ! J’aime qu’on voit mon travail comme un support.

Et tu rêves de partager l’art, bien au delà de tes robes ?
Oui, je travaille aussi pour Artzap, un zapping de l’art. On va à la recherche d’artistes, qu’on met en avant, avec des vidéos. On essaye de diffuser l’art de manière simple. On aimerait que le projet prenne une ampleur au niveau national. Parvenir à mettre en avant le fait qu’il y a plein de gens qui font vivre l’Art au quotidien.

« Il y a la technique oui, mais le style, c’est savoir s’écouter! »

J’ai aussi travaillé en collaboration avec WE Record leur projet Visit’Action à bien avancé depuis 3 ans, ils bossent avec beaucoup de détermination pour que les habitants aient accès à l’art et à plus de culture de manière quotidienne.
Les quartiers de la visitation dans le 14èmeArr et Bassens 15èmeArr ont déjà bien changés et je pense que les acteurs de ce projet et les artistes, comme Cros2 notamment qui s’est beaucoup impliqué, ont de quoi être fier d’eux!
Grandir avec l’art, c’est une porte ouverte en plus.

« J’aime que les choses, soient aussi belles à l’intérieur, qu’elles le sont à l’extérieur. »

Et toi, comment est-ce que tu commences une création ?
Ça dépend, soit c’est une commande dans le cadre de mon travail de styliste/prototypiste, auquel cas j’ai des exigences des entreprises pour lesquelles je travail, j’apporte seulement mes coupes et mon savoir faire à un produit déjà pensé. Voir La Cicatrice ou Eskis
Soit c’est pour ma marque et là, très souvent je commence sans savoir comment ça va finir ! Ça m’a servi de ne pas faire d’école stylisme au final, le modélisme c’est nécessaire, c’est de la technique, savoir travailler les matières, mais le style, c’est savoir s’écouter!
Tous mes tissus sont devant moi, si il y en a un qui me parle, je le prends, et j’essaye!
j’aime mixer trois éléments : un tissu uni, un imprimé ou une peinture, et un biais de finition.
Ce biais de finition c’est une touche qui me plaît, qui est distinctive, qui ajoute du temps à ma fabrication, mais qui je trouve, est respectueuse du client.
Comme beaucoups de gens je pense, j’aime que les choses soient aussi belles à l’intérieur, qu’elles le sont à l’extérieur.

« Écrire, libère mon corps… me permet d’être plus sûre de mes gestes. Et occuper mes mains, organise mes pensées. »

Ton travail est résolument pluridisciplinaire, on l’a vu, entre la peinture, la mode, et même la musique. Quelles sont tes principales influences ? La principale, c’est le hip-hop. J’ai recommencé à coudre quand j’ai recommencé à rapper. Voir Balkanie
J’avais arrêté les deux, pendant 10 ans.
Et à la naissance de ma fille, j’ai ressenti le besoin d’écrire.
Ce sont des vases communicants: Écrire ce que j’ai à dire me libère une sorte de mémoire vive qui libère mon corps et me permet d’être plus sûre de mes gestes. Et occuper mes mains, me permet de mieux organiser mes pensées.
L’univers du hip hop va avec des vêtements sportswear, dans lesquels on peut bouger. Ce que je veux c’est du sexy, raffiné, dans lequel on puisse bouger, courir, danser.
J’utilise beaucoup de maille. En ce sens là, dans l’histoire de la mode, c’est Chanel qui est le plus proche de cette philosophie.

Es-tu perfectionniste ? Non… je travaille au feeling plutôt.

Qu’est ce qui a changé pour toi depuis que tu travailles à ton compte ? Je suis passée de fringues en série sur lesquelles je n’avais qu’a envoyer des mesures à l’autre bout du monde, à une approche artistique. Je me lève le matin sans savoir ce que je vais faire. Je travaille aussi pour d’autres marques, donc je ne suis pas en liberté totale, mais on me donne beaucoup de confiance. J’aime me coucher chaque soir en me disant que j’ai créé quelque chose. Peu importe si c’est utile tout de suite ou pas. Et puis il y a la simplicité de pouvoir être là pour ma fille aussi !

« La plupart des gens ne peuvent pas s’acheter du SISE ICI tous les jours, mais je veux que ceux qui en portent en soit fiers. »

On parlait de l’éthique dans l’industrie du textile, ton éthique à toi, quelle est-elle ? Pour moi l’éthique c’est aussi donner le choix au consommateur d’acheter un produit fabriqué en France à un prix correct. Tant pis si mes marges ne me permettent pas un jour d’avoir une pub dans Vogue ou accéder à la fashion week.
Je ne veux pas berner mon client. Je n’ai pas envie que mes prix soit surélevés sur ce seul prétexte.
En donnant du travail à des grosses boîtes, je n’aurais pas cette certitude.
Quand j’ai trop de travail, je fais appel à une couturière de la rue Fontange ici à Marseille, que je connais, que je côtoie.

« 6 euros ! frais de port depuis l’inde, intermédiaires compris, ça n’est pas acceptable ! »

Revendre 40 à 80 euros, une robe achetée 6 euros, frais de port depuis l’inde, intermédiaires compris, ça n’est pas acceptable !
On ne doit plus fermer les yeux.
Aujourd’hui, avec les nouvelles lois européennes quand on importe des vêtements, on n’est pas obligé de dire où ils ont été fabriqués.
Regardez vos étiquettes! Vous y verrez:  » Importé par … puis une adresse de siège social boulevard Haussmann à Paris »
Il y a aussi les marques moyenne gamme qui mettent « Union Européenne », avec ce simple Label elles peuvent ajouter 60 voir 120 euros à leurs seuil de rentabilité, même si elles n’ont pas respecté les droits humains en faisant produire en Roumanie par exemple.
Moi je ne veux pas jouer ce jeu. Je veux montrer au publique qu’il y a un problème et que leurs mode de consommation peut le résorber.
Ces réflexions vont aussi avec mes influences. La culture hip-hop est sévère avec nos politiques, et elle a raison c’est aussi ça la politique remettre en question! Mais le faire uniquement de manière intellectuelle ce n’est pas suffisant. C’est juste naïf!
Pourtant aujourd’hui encore, en termes de vêtements issu de la culture hip-hop, on ne trouve pas, ou peu, de tel cercle vertueux!
La fabrication sur commande permet d’une par d’être plus proche de la demande réelle et donc de ne pas surexploiter les ressources. Et d’autre part garantir fabrication française en restant accessible car le consommateur ne paie que ce qui sera commandé, il ne paie pas les pertes et le coup de cette surproduction.
Ma marque est en cohérence avec ce qui est dit dans mes textes. Et ça, j’en suis fière!
Je pense qu’il y a beaucoup de femmes et d’hommes, qui écoutent du hip hop, qui ont 20,30,40, 50 ans, et s’en rendent compte.
Alors, même si la plupart des gens ne peuvent pas s’acheter du SISE ICI tous les jours, je veux que ceux qui en portent en soit fiers.

Mais tout de même, on voit bien que dans ton parcours, tu es exigeante sur la forme, le travail de couturière… Oui, c’est ma touche aussi. Je ne suis pas forte en dessin. Ce qui me plaît c’est travailler la matière.

Qu’est-ce qui te fais rêver dans la création ? Vivre ! S’écouter… c’est tout !

Qu’est ce qui t’inspires le plus ? Un dessin dans la rue, du street art, un dessin de ma fille. Quand ça se voit que la création vient des gens qui vivent. Et bien sûr aussi, le tissu, la matière.

« Marseille, c’est une belle terre d’accueil, Une ville chaleureuse, avec des gens curieux! »

C’est vrai que tu es installée en plein cœur du Marseille bariolé, dans le quartier du cours Julien… Oui, je suis arrivée à Marseille il y a bientôt 4 ans, Par hasard!…
C’est une belle terre d’accueil, Une ville chaleureuse, avec des gens curieux!
C’est une ville où on arrive. Depuis toujours, Avec des racines complexes! C’est un peu comme New York pour le continent Américain en quelque sorte, mais en Europe avec mille ans de plus…
C’est un mix, avec une richesse permanente qui se ressent!
En arrivant, j’avais ma gosse et toute ma vie dans mon coffre. Mon GPS ne marchait plus.
J’ai demandé ma route à une femme, elle ne savait pas me répondre, mais elle a arrêté quatre autres personnes sur le trottoir pour leur demander ! et le tour était joué.
Marseille a conservé une vraie communication entre les êtres humains. C’est ça que j’aime!
Ayant vécue sur Paris presque dix ans auparavant ça ne pouvait que me paraître presque exotique d’arriver là!

« Ici… Les femmes osent! »

Et Marseille a influencé ton travail ?  Certainement ! J’ai plus osé le côté streetwear, qui est ma première passion. Et ici, il y a un truc assez cool.
A Paris, les femmes osent quand elles ont « les proportions magazine ». Ici, les femmes osent, point.
Il y a une telle diversité, tu es sûre de pouvoir trouver des gens qui te plaisent !

A ton avis, à quoi ressemblera ton travail dans, 4-5 ans ? Je suis incapable de le dire. J’aimerais bien faire customiser mes vêtements par plusieurs artistes différents… que mes coupes servent de supports pour diffuser les peintures d’autres artistes. Que ce soit comme un défi pour le street art, une continuité dans le mouvement hip-hop.
J’aime cette effervescence compétitive dans le Graff, peindre le mur le plus grand, le plus haut, le plus visible, et bien pourquoi pas des robes, des femmes qui voyages et diffusent les traits des artistes là où ils n’auraient jamais étaient…

Irène Chancioux alias Sise ici

 

Partager la page sur les réseaux sociaux

 

PARTENAIRES

 

WordPress Lightbox Plugin

! Attention ! Ce site est un site de présentation. Il ne prend pas en compte les commandes clients. Ignorer